« Profite, ça passe si vite. » La phrase est tendre. Mais certains jours, elle tombe comme une nouvelle injonction sur une pile déjà trop haute.
Parce que oui, cela passe vite. Et pourtant, certaines heures peuvent être interminables. Les pleurs, les repas refusés, les disputes, le bruit, le corps que l’on sollicite sans cesse… Tout cela existe aussi.
Une journée difficile n’efface pas une enfance heureuse.
L’amour n’est pas une émotion constante
L’amour est là même lorsque le plaisir n’y est pas. Il est dans le verre d’eau posé près du lit, dans le manteau refermé à la hâte, dans la patience que l’on retrouve après l’avoir perdue. Il n’a pas besoin que chaque instant soit magique.
Tu as le droit de trouver certains âges difficiles. De ne pas aimer jouer au sol. D’attendre le coucher avec impatience. De vouloir du silence et de l’espace. Aucun de ces besoins ne diminue la sécurité ni l’amour que tu offres à tes enfants.
Remplacer la pression par la présence
Profiter de tout est impossible. Remarquer une chose, en revanche, est souvent accessible : une petite main dans la tienne, une phrase drôle, une joue chaude au réveil. Un seul moment aperçu suffit. Tu n’as pas besoin de retenir toute l’enfance pour l’avoir pleinement vécue.
Les souvenirs ne se construisent pas seulement dans les journées parfaites. Ils se construisent dans la répétition d’une présence imparfaite, réelle et fidèle.
Alors aujourd’hui, ne te demande pas de profiter de chaque seconde. Traverse celle-ci. Respire. La suivante viendra. Et au milieu de toutes ces secondes ordinaires, il y aura une vie entière d’amour.


