Porter, nourrir, bercer, consoler. Une petite main qui tire sur mon vêtement, un enfant sur mes genoux, un bébé contre moi.

Ces gestes sont pleins d’amour. Et parfois, à la fin de la journée, un contact de plus me semble trop.

Alors la culpabilité arrive : comment puis-je avoir envie de m’éloigner de ceux que j’aime autant ?

Je peux aimer leurs câlins et avoir besoin, à cet instant, de retrouver un peu d’espace autour de moi.

Je n’ai pas besoin d’attendre de répondre sèchement pour le dire. Quand je sens que ma patience s’amenuise, je peux essayer quelques mots simples.

Quelques mots pour demander de l’espace

À mon enfant qui veut grimper sur moi

« Je reste près de toi, mais là, j’ai besoin que tu t’assoies à côté. On peut regarder ton livre ensemble. »

À celui qui réclame un câlin

« Pour le moment, je préfère qu’on reste côte à côte. Tu peux me raconter ce que tu voulais me dire. »

À mon partenaire

« J’ai besoin de quelques minutes sans contact pour souffler. Peux-tu prendre le relais avec bébé ? »

Je peux garder le lien par ma voix, mon regard, une histoire écoutée. Et mon enfant peut être déçu de cette réponse. Je peux accueillir sa peine sans me forcer à offrir un contact que je ne souhaite pas à ce moment-là.

Une pause à la mesure de la vraie vie

Avec un bébé, cette pause n’est pas toujours possible tout de suite. Sans relais, elle peut être difficile à trouver. Je peux au moins chercher ce qui devient possible ensuite : laisser le rangement attendre, m’asseoir seule quelques minutes, demander une aide précise lorsqu’elle est disponible.

Et si j’ai déjà repoussé une petite main trop brusquement, je peux revenir : « Je t’ai parlé sèchement, je suis désolée. J’avais besoin d’espace et je ne l’ai pas bien expliqué. »

Je ne veux pas faire de ces phrases une nouvelle chose à réussir parfaitement. Certains soirs, les mots sortiront mal. Certains soirs, je ne saurai même pas ce dont j’ai besoin.

Notre corps continue de nous appartenir quand nous devenons mamans. Lui laisser un peu d’espace mérite aussi de la douceur.
Avec tendresse,Alice